Le pyj, mes états d'âme et moi....

ou: comment revenir le jour du printemps....

 

 

J'ai bien du mal à écrire ces derniers temps, à revenir, à entretenir, à prendre le temps. C'est une question de temps, mais pas que. 

Difficulté à revenir titiller la souris et le blog? Qu'est-ce donc? 

Un brouillard dans ma tête, du moins ces deux derniers mois, car là ca va mieux. Il y a eu le mari-marin absent un mois, un mois qui a été bien plus difficile pour moi et les enfants que les fois précédentes. S'en sont suivi toutes ces maladies, ces virus à gogo, les maîtresses absentes, les vacances avec le thermomètre dans une poche, le doliprane dans l'autre et les mouchoirs au milieu. Heureusement que la Suisse est si accueillante chez nos amis. Un bain d'amitié, une complicité de longue date, des paysages si somptueux, ca oui, ca a fait du bien!

Alors oui effectivement il y a ces petits désagréments extérieurs, la solitude parfois face à des situations familiales quand mari-marin est en mer; ces microbes qui nous bouffent.

Mais il y a également toutes ces questions, ces doutes qui sont là, ce grand pas que nous allons faire dans quelques mois. Notre départ pour La Réunion est une très belle nouvelle, réellement on est très excité et content. Mais cela n'empêche pas les interrogations, les doutes. D'abord d'ordre pratique: quand partons-nous? où allons nous vivre? quand commence l'école? nos affaires partent 5 semaines avant nous, donc plus de voiture, plus de couette, plus d'assiettes, plus de.... On gère comment? on demande à droite à gauche. Il faut s'organiser, faire les choses en compte à rebours, être pragmatique (et germanique). Ok, on essaye. Hein quoi? Finalement tout est décalé d'un mois, par la Marine. Ah, bon. Ok, on revoit les déménageurs, on recalcule. Il faut s'adapter. Et on habite donc où? Ah, ca on ne saura pas avant avril, faut pas non plus trop en demander ... Ok. On gère. Certaines choses sont de notre ressort, mais beaucoup non.

Et puis il y a les autres questions. Plus perso, plus d'ordre émotionnel si je puis dire. Les enfants s'intérrogent, nous interrogent. On essaye de répondre; toujours enthousiaste, positif mais on a le droit de ne pas savoir "ca je ne sais pas, nous allons découvrir ensemble"; on leur donne l'envie, le goût de l'aventure, on rassure. Des questions, des idées farfelues, mais il faut tout dire, je préfère qu'ils disent tout ce qui leur passe par la tête. Ils ont des cartes Pokém*n là-bas (haaaaaaaargh!!??) Il y aura un club de rugby pour moi? Il fait chaud? Il y a des dinosaures dans les montagnes? On va habiter sur le volcan avec la lave et c'est rouge la nuit? on pourra se baigner? on aura une maison? est-ce que j'arriverai à me trouver de nouveaux copains? on pourra manger des bananes là-bas?..... tout est bon à être dire, internet nous aide, go*ogle earth, wiki, vidéos, de gentilles blogueuses installées là-bas..... Ce sont parfois des questions lancées comme ça, parfois sans attente de réponse, parfois de réelles interrogations. Notre fils aîné, déjà quelques déménagements à son actif, se pose beaucoup de questions, il est aussi plus "seul" à gérer ces changements. La fratrie est bien solide et équilibrée, néanmoins nos petits triplés ont ce noyau qui les rassure, ce noyau qui est toujours là, toujours transportable dans n'importe quel coin de la planète.

Je réponds à ces questions, à leurs questions, à leurs interrogations, j'ai l'oreille attentive. Mais je me pose moi même beaucoup de questions. Moi aussi j'ai des craintes, des doutes. Et je dois gérer aussi. Je suis une maman poule qui soulève son nid, ses 4 poussins à bord, et qui le dépose dans un nouvel endroit. Oui, je veux assurer un nid confortable et agréable pour ma famille, gérer la transition du mieux possible. Ensuite il y a pour moi ce que ce déménagement implique, personnellement. Cela fait deux ans que nous sommes ici et je peux enfin dire que j'y ai fait mon trou. On a de très bons amis ici, une vraie vie sociale. Nous avons enfin goûté au plaisir d'avoir nos familles proches de nous, les enfants ont leurs cousins/cousines. Il y a une satisfaction d'avoir atteint cet épanouissement. Attention, je ne dis pas que cela ne se reproduira pas, au contraire, mais je dis que c'est juste un peu difficile de savoir qu'on va partir. Changer de vie tous les 2 ou 3 ans. On refait tout, on rebâti, on y arrive; c'est d'ailleurs très enrichissant, ca demande une flexibilité et une bonne dose d'adaptation, et c'est aussi ca qui est chouette. Sachant que je vais partir dans 3 mois, tout s'accelère aussi un peu. Les copin(e)s sont tristes, alors on profite à fond des derniers moments. Des resto, des cafés, des terrasses, des we entier en gîte organisés.... Je prends, je prends, je fais le plein; ca fait du bien! Mais parfois j'ai le coeur bien serré à y penser. ...

Alors j'avoue que parfois, j'occulte mes propres craintes, questions, émotions parce que sinon ca me fait trop. Trop à gérer, et je préfère rester sur l'enthousisme et le goût de l'aventure qui nous habite lorsqu'on pense à notre départ. Je souligne encore une fois que ce déménagement est une réelle aubaine pour nous, on est ravi, on est tous très curieux et excité. Mais je vous avoue, qu'à 3 mois du départ, ne pas avoir de date d'avion, pas savoir où et dans quoi on va habiter..... c'est un peu déstabilisant. C'est mon 5 ème déménagement en tant que femme de marin, on apprend à relativiser et à être patient... mais c'est chiaaaaaaant!

 

Bon, si vous avez bien lu le titre, il n'est pas QUE question de mouaaaaaaa mais aussi de pyjama! Oui oui, revenons à la couture! Ca aussi je l'avais mis de côté pendant plusieurs semaines, n'ayant plus trop d'envie ni d'idées. Mais c'est reparti, et à vitesse grand V!

Voilà donc un pyj de printemps cousu pour ma fille; car oui il faut aussi de la couture utile. Un pantalon de pyj Citronille du livre Intemporels pour enfants, taille 2 ans rallongé en longueur, la largeur étant largement assez grande pour ma fille de 4 ans! Pour le haut j'ai pris du même livre, la tunique à encolure froncée et manches raglan, j'ai juste opté pour des manches courtes (....je ne vous ferai pas l'affront de vous détailler la météo ici.... je garde ca pour plus tard à La Réunion!!!). Pas de grosses modif, si ce n'est pour le pantalon j'ai ajouté qqs cm (3 cm je crois) à la distance entrejambe/taille. Et j'ai rallongé d'une bonne 10aine de cm la longueur de la tunique. Le tout dans un coton tout doux à fleurs roses, tissu acheté lors de mon premier achat de tissu à Quimper, il a donc 4 ans... et tac, je pioche dans mon stock humhum! Voilà ce que ca donne et je suis très contente du résultat!

 

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Ca a l'air de plaire....!

 

 

coucher mes états d'âme sur papier

reprendre la couture-soupape-baromètre-créative

s'enthousiasmer pour le grand saut

 

et merci à vous aussi